Billet N°2, janvier 2017, Partitions

 

Par catégories, nous distinguons quatre types de partitions :

  1. le chant traditionnel à l’unisson, sur lequel est construit tout le répertoire liturgique dans son ensemble,
  2. «l’Unisson épais», une forme chorale primaire à base de tierces parallèles, accompagnées de deux voix de soutien harmonique, le tout servant à étoffer le chant canonique; le soutien peut être standard ou inventif,
  3. le chant harmonisé, sans le déchant à la tierce, où les voix d’accompagnement remplissent une fonction plus ou moins savante solidaire du tout,
  4. des pièces composées en dehors du chant canonique.


Comme on voit, le « chant » se tient au centre de l’entreprise liturgique.

Nous introduisons la désignation descriptive de « Unisson épais » pour indiquer un modèle d’harmonisation primaire du chant ordinaire de tous les jours - à deux, trois ou quatre voix. Ce style d’exécution du chant permet aux chanteurs de paroisse sans nécessairement avoir une formation musicale, mais doués d’une voix juste, à sonoriser aisément à plusieurs voix les textes hymnographiques sans recourir au concours d’un compositeur. C’est un style qu’on assimile vite et qui devient - seconde langue dans la liturgie.

Les traits saillants de cette musique sans grandes prétentions sont :

  1. la mélodie est chantée à l’alto, voix de milieu plus grave qu’aigüe, elle tourne autour du ‹fa›,
  2. elle est reproduite une tierce plus haut par le soprano,
  3. une basse qui assure les fonctions harmoniques de base (tonique, sous-dominante, dominante) et
  4. une troisième voix féminine grave (cela peut être une voix ténor d’homme dans le registre supérieur) qui complète l’accord.

En fait, ceci est une transposition de chœur d’homme comprenant les quatre registres superposés: 1er ténor, 2e ténor (la mélodie), baryton et basse.

Pour éviter la confusion de désignations, et sachant que « ténor » indique une voix d’homme, et « alto » indique une voix de femme, on décrira l’articulation harmonique en termes de :

  1. le «chant» (à la voix d’alto),
  2. le «déchant» (à la voix de soprano),
  3. le «complément harmonique» (3e voix féminine grave, ou voix masculine aigüe de ténor),
  4. le «soutien tonique de base» (voix masculine grave de baryton ou basse).


Si l’expression harmonique des chants est réduite ainsi à sa plus simple expression, un ample espace sonore est en principe laissé à l’expression rythmique des textes. La question alors se pose quant à la nature «liturgique» d’une langue. C’est là qu’une formation solide est requise. Nous en reparlerons dans les rubriques «Solfège liturgique» et «Musicologie liturgique».

Dans le quotidien des paroisses, il est des jours où les chanteurs se retrouvent en trop petit nombre pour assurer l’ensemble des quatre fonctions harmoniques. Un choix (souvent difficile) s’impose, on peut distribuer les fonctions ainsi:

  1. la fonction fondamentale est le «chant», exécuté ensemble par une voix seule, ou par le groupe entier à l’unisson dans un registre commun,
  2. on ajoute l’accompagnement du «déchant» à la tierce supérieure, les voix se partagent entre médiantes (ou graves) pour le « chant » qui est obligatoire, et aigües à la tierce,
  3. l’ajout d’une troisième voix pose un problème : il n’existe pas de modèle harmonique préétabli pour cette structure (comme il en existe pour les quatre voix).

  • Normalement, si l’ajout est une voix masculine, on retient la solution de «soutien tonique de base».
  • Ceci est aussi valable si seules des femmes chantent : une voix grave se charge du «soutien tonique de base».
  • Le plus souvent, si seules des femmes chantent, la troisième voix chante, comme par habitude, la quatrième fonction du «complément harmonique», laissant le chœur sans le «soutien tonique de base».

Chants à l’unisson (bourdon facultatif) : il faut tenir compte que toute partition en «Unisson épais» peut être réduite à l’unisson, par exemple dans la rubrique ‘Livre des Heures’ :

‘Vierge Mère’, ch grec unisson,
‘Dieu est avec nous’, mi, 1 voix avec bourdon, 6 refrains harmonisés,
Deuxième tropaire fin de matines, unisson, notes carrées

Partitions en « unisson épais », contenues dans le Livre des Heures :

Ps 103 Congrès 2008
‘Lumière joyeuse’ Ht1
‘Lumière joyeuse’ Ht2
‘Lumière joyeuse’ Dvoretsky
Prokimènes semaine, ch Znam bref
‘Daigne Seigneur’ t5, podobène
‘Tu es toute bénie’, podobène t2
Doxologie ch Znam bref, 2 voix

Et en contraste, chants harmonisés artistiquement :

‘Lumière joyeuse’ Ht1, Kastalsky
‘Lumière joyeuse’ Ht2, Kastalsky
‘Vierge Mère’, ch grec, Kastorsky
‘Dieu est avec nous’, sol, 3 (ou 4) voix
Doxologie ch Znam bref, concert
Doxologie ch Znam bref, imagé

 

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