Archive des Billets

Livraison de janvier 2017

Billet N°1, Accueil, janvier 2017

Dans la livraison présente, consultez:

Livraison d’avril 2017

Billet N°5, Accueil, avril 2017
Nos nouveaux billets : 6, 7, 8, 9

Dans cette deuxième livraison d’avril 2017, nous nous adressons particulièrement aux chefs de chœur pour présenter des aspects assez techniques du chant d’Eglise. Il doit être évident que celui-ci ou celle-là portent une charge plus lourde que le reste des chanteurs en présence aux offices. ‘Donner le ton’ et assurer le déroulement de l’Ordo sont leurs premières tâches. Or il n’y a pas de limites dans le panorama des compétences. Ici le chef de chœur œuvre à être, lui-même, elle-même, un chanteur accompli. La clarté intelligente et la beauté, la profondeur de la liturgie offrent un large champ pour l’expérience. Ici nous présentons quatre nouveaux ‘billets’.

Dans Billet N°6, Matines du Vendredi Saint, nous condensons dans un tableau une vue d’ensemble d’un des offices de l’année liturgique les plus marquants, pour y souligner d’abord l’aspect quotidien de la prière de l’Eglise, le cycle journalier. C’est la place du Livre des Heures qui donne à l’office son unité formelle. Précédemment (voir billet N° 3, janvier 2017) nous avons joué avec la notion de ‘train transporteur’ véhiculant l’hymnographie de nos Pères Mélodes, qui se retrouve dans les trois autres domaines de la création liturgique, l’Octoèque, le cycle Pascal et le cycla mensuel. Sur cette toile de fond stable, se profile l’office de la Triode où se déroule l’action volontaire et salvatrice de notre Dieu, humble comme l’Agneau et aimant comme une Mère, prédit par les prophètes.

En nous tournant vers les détails particuliers du ‘métier’ du chef de chœur nous parlons ensuite de la nature de la gamme d’Eglise. Billet N°7, ‘la gamme en quarte et le demi-ton’. L’intervalle de quarte, et non celui de l’octave, est le principe mélodique du chant traditionnel à l’unisson. L’octave quant à elle, est le support autour duquel s’organise l’accompagnement harmonique propre à la tradition russe. C’est le regretté Nicolas Ossorguine, chef de chœur inlassable à l’église Saint Serge et notre maître à tous, qui insistait sur ce fondement du chant traditionnel : «les trois notes» disait-il. En effet, ‹do-ré-mi› trois notes, ou trois intervalles, composent la quarte, c’est le cadre où prend naissance toute mélodie liturgique. Les voix d’accompagnement coalescent autour de ce cadre. Dans ce panorama, Ossorguine chantait le ‹demi ton› avec une subtilité inégalable et inoubliable. Tout chef de chœur doit veiller à être le premier parmi ses chantres à se soucier de chanter, non seulement juste, mais avec cette délicatesse exemplaire. Nous reviendrons à l’octave dans une livraison prochaine.

On peut dire encore que les deux aspects où le chef de chœur se perfectionne sont l’Ordo des offices et les Huit tons et autres mélodies apparentées de l’hymnographie orthodoxe. Pour illustrer ce deuxième aspect, un moyen est suggéré au chef de chœur dans le Billet N°8, «le ‘FA’ flexible», de ‘donner le ton’ aisément suivant la tessiture particulière de la mélodie à chanter.

Dans notre Billet N°9, «Le chant de syllabe» nous examinons les moyens offerts par le chant à la valorisation du français chanté dans sa qualité spécifique de langage liturgique. Une distinction de principe est posée entre le rythme prosodique des textes d’un côté, et les rythmes musicaux des tons que nous voulons désigner comme son contexte. Nous avons parlé du caractère ‘mélismatique’ du chant traditionnel dans «Billet N° 4». Ici le développement de la pensée musicale nous mène à établir deux désignations pertinentes au chant : l’attribut «neumatique» attaché au répertoire vocal, et la forme de la «triade» dont nous traiterons prochainement.

Livraison de juillet 2017

Billet N°10, Accueil, juillet 2017
Nos nouveaux billets : 11, 12, 13

Dans cette livraison de juillet 2017, nous présentons la traduction française d’un document exceptionnel concernant le chant d’Eglise de la tradition russe aujourd’hui. Sa première publication a dû attendre l’effondrement du régime bolchévique en Russie, où l’Eglise fut persécutée durant trois quarts du 20e siècle. Cette publication date de 2002. Son titre est: «Projet de résolutions du Concile local de l’Eglise russe 1917, concernant la Remise en ordre du chant d’Eglise». En fait, nous commémorons son centenaire: Billet No 11, Projet (partiellement) commenté.

Tout d’abord, ce document nous renseigne sur l’état de la musique d’Eglise en Russie à la veille du moment crucial où l’Orthodoxie allait commencer à s’implanter en Occident, et telle que nous la connaissons aujourd’hui. Nous en sommes les héritiers. Secondement, les Pères du Concile et ceux en particulier qui formèrent la Commission compétente, expliquent sans ambages l’état imparfait des pratiques du chant en leur temps, et en donnent les remèdes. Ils nous incitent à nous pencher nous-mêmes sur notre pratique, et en tirer les conclusions. Dans ce Site, nous toucherons à certains aspects des problèmes posés, et tâcherons de relever les côtés positifs de notre pratique actuelle. Dans la livraison présente, nous proposons un commentaire sur le premier des trois volets du Document, concernant le Chant à l’unisson. Dans trois mois, nous reprendrons notre commentaire portant cette fois-ci sur les arrangements harmonisés à plusieurs voix. Nous attendons amicalement les avis de nos lecteurs, leurs répliques, leurs réactions, à l’adresse mail indiquée dans le site (voir la page Contact).

L’usage liturgique du français, dans l’institution-pivot qu’est notre Exarchat de Tradition russe, est l’une des réponses que l’Eglise Orthodoxe apporte aux questionnements évoqués au Concile Local de 1917. La Tradition franchit une frontière, tant dans le temps que dans la géographie. Le chant traditionnel russe est aujourd’hui en cours de s’implanter dans les langues Occidentales dans une symbiose d’hospitalité réciproque et inédite, dans laquelle les deux parties se cherchent l’une l’autre. Le caractère liturgique d’une langue repose tout d’abord sur une profonde expérience de lecture de l’Ecriture Sainte et de prière dans cette langue, ce qui est devenue possible en France depuis que la Bible a commencé d’y être publiée dans la langue du pays. Le Chant, quant à lui, fort de sa tradition séculière, et porté dans un échange culturel lucide, vient se plier - sans se rompre (pour emprunter une image de Lafontaine) - et se dissoudre dans le verbe français de la prière et de l’Office divin.

Le caractère « mélismatique » (neumatique ou formulaire) du chant d’Eglise est l’un des sujets que nous proposons dans ce Site. Après un exposé (billet No 4 «Chant de parole») du prokeimène du samedi soir «le Seigneur est entré dans son Règne» traité précédemment, nous offrons ici - billet No 12, «mélismes dans le ton 3» - un commentaire illustré du prokeimène ton 3 avec ses deux mélismes constitutifs et sa gamme fortement teintée par l’intervalle du demi-ton. Nous y apportons aussi un commentaire théologique dans Billet No 13.

 

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Livraison de octobre 2017

Billet N°14 : Accueil, octobre 2017
Nos nouveaux billets : 15, 16, 17, 18

En guise d’éloge aux Pères du Concile

En cette année 2017, qui marque le centenaire du Concile de l’Église russe de 1917-18, nous continuons notre présentation des documents concernant le chant d’Église élaboré à ce Concile (voir le début dans Billet N° 10, Archive : Liminaire juillet 2017). La deuxième partie du document parle du chant polyphonique, le Chant à plusieurs voix, et des conditions requises par celui-ci pour résonner en conformité à la vraie nature de la prière de l’Eglise (ici Billet N° 15). On peut difficilement parler de ‘style’ ici, plutôt de ‘genre’, car le chant est fortement marqué par la pensée, le verbe, la parole des Pères liturgistes qui transforment le chant en prière. Ainsi le chant doit se conformer à la parole chantée. Un chef de chœur éclairé doit pouvoir maitriser les deux aspects simultanément. Le Concile emploie le terme «priance» (‘molitvennost’ en russe), qualité d’un chant priant, qui désigne une conformité à l’esprit liturgique de la mélodie en dialogue avec Dieu. Cette priance est la disposition du chantre qui a ‘déposé tous les soucis du monde’ pour vivre organiquement et raisonnablement, ne fut-ce que le temps de la Liturgie, plongé dans le Royaume céleste. Cette prière, telle la lumière, porte les marques de la Transfiguration.

La priance, qui est présence de Dieu, est l’une des constituantes de la Tradition, transmise de génération en génération dans l’Église depuis l’avènement de l’Esprit Saint à la Pentecôte. Plus proche de nous dans le temps, la tradition russe, de fait, nous a légué un héritage potentiellement d’une rare beauté spirituelle, un trésor encore insoupçonné de modulations et d’expressions sonores de la Vérité et de la Sagesse de Dieu. Au centre de cette création se tient le Fils de Dieu. Citons cette stichère de l’apostiche des matines du Mardi de Semaine Sainte :

«ô mon époux, toi qui resplendis de beauté plus que tous les hommes, et qui nous as appelés à la table spirituelle de ta chambre nuptiale, dépouille-moi de l’habit misérable de mes péchés par la participation à tes souffrances, et m’ayant paré du vêtement glorieux de ta beauté, fais de moi un convive lumineux de ton Royaume, car Tu es miséricordieux.»

Nous pouvons dire que le chant d’Église doit être humain dans la haute conception que propose l’Ecriture Sainte. En effet, l’être humain fut créé à l’image de Dieu, c’est en cette qualité de connaissance qu’il chante à Dieu.

Nous pouvons aussi nous rappeler que la pensée grecque ancienne, qui a tant inspiré les Pères de l’Église, affirmait que l’homme est ‘la mesure de toute chose’. Mais de quelle sorte d’homme s’agit-il, nous demanderons-nous ? La place centrale ultime de l’être humain fut pleinement consacrée à Bethléem à la naissance du Fils de Dieu devenu homme. La naissance divine a effectivement apporté la possibilité de Salut à l’homme, et en conséquence a consacré le fondement de la culture, la culture liturgique en particulier. Jésus sur terre est tout à la fois prophète, pasteur et roi. Il est l’homme parfait. Tout ce qui est de Jésus peut éclairer notre entendement de la musique d’Église.

Nous pouvons pour l’exemple, mesurer celle-ci à deux vertus éminemment christiques, la grandeur et l’humilité - propres au Fils de Dieu. En considérant l’analogie, nous pouvons évaluer le Chant par ces deux vertus et voir si elles nous mènent au Christ.

Nous trouvons une deuxième comparaison du chant liturgique avec ce qu’est la démarche du Seigneur. Lui, le Fils de l’homme, n’a pas eu où ‘reposer sa tête’ (Mt 8:20), le chantre d’Église pareillement ne joue pas, ni ne s’accompagne d’aucun instrument en guise de support: il chante comme le Christ annonçait la Bonne Nouvelle. Il s’appuie uniquement sur la Parole.

Prononçons une dernière parole de reconnaissance en faveur des Pères du Concile que nous célébrons, et de ceux proches de nous qui dans notre vie dans l’Orthodoxie Occidentale, nous ont transmis - parmi tous les autres dons - le don de la sainte ‘priance’ du Chant traditionnel !

Cette livraison d’Octobre comporte, comme nous l’avions annoncé en juillet, les harmonies des prokimènes du ton 3 (Billet N° 16). Ce faisant, nous insistons sur le caractère mélismatique qui façonne ce genre, et de tout chant liturgique en général. En comparaison avec les chansons séculières que l’on chante et qui sont métriquement rythmées, chanter les ‘mélismes’ des prokimènes demande un effort, une retenue. Cet effort est rendu plus léger si on s’attache à fixer son attention sur « l’appui », l’accent porteur du mélisme. Cet accent prosodique, encore que musical, prend la forme du parapluie qui a son arbre porteur et ses branches. Nous avons déjà parlé de ‘grappes’ de fruits portés par leur tige. Cet effort est encore facilité par le fait de la proximité des notes formant la mélodie, et qui souvent constituent une «triade», un nid, un cercle, un déploiement centripète.

En contraste avec l’aspect ‘cantilène’ du Chant d’Église, nous nous tournons vers son articulation verbale, prosodique dans Billet N° 17. S’il y a un rythme musical dans la prière (en particulier ‘mélismatique’), il y a certainement et simultanément un rythme verbal qui se greffe sur le précédent. Souvent, chantant les tons, les chanteurs d’Église tombent dans un chant cadencé mécanique, à cheval sur une ligne de croches, syllabe après syllabe. C’est un sillon d’où il est difficile de sortir. Pour s’en libérer, il faut considérer ce qu’est le rythme verbal ou prosodique. Ainsi dans ce Billet, nous nous tournons vers la notion de ‘syllabe remarquable’ et de son rythme.

Enfin, dans Billet N° 18, nous commençons une discussion du ‘ton’ sonore qui subtilement domine dans l’office liturgique. C’est la note de musique - que nous appelons ‘la corde’ - qui réunit les différents acteurs de la liturgie : prêtres, diacres, canonarques, chefs de chœur, lecteurs et chantres. Toutes leurs ‘prestations’ gravitent autour de cette tonalité commune pour la durée d’une section de l’office plus ou moins longue. La ‘corde’ est l’une des composantes de l’unité sonore de l’office.

Livraison de janvier 2018

Billet N°19 : Accueil, janvier 2018
Nos nouveaux billets : 20, 21, 22

Mémoire éternelle

Le père Nicolas Lossky s’est éteint il y a quelques jours, en pleine maturité de son âge spirituel. Nos sentiments de profonde tristesse, mêlée de joie céleste, vont à Véronique son épouse en premier lieu, à sa famille, et à la multitude de ses amis et ses collègues à Paris et ailleurs. Outre son importante œuvre universitaire de premier plan, et son travail œcuménique éclairé, dont parlerons des témoins mieux qualifiés que nous, le regretté père Nicolas a servi l’Eglise du Christ d’un cœur entier et un dévouement intense.

Comme son parrain, Maxime Kovalevsky, Nicolas Lossky fut dans l’Eglise un ‘homme liturgique’ par excellence, et plus particulièrement - un ‘théologien’ liturgique. Pour illustrer par une seule remarque sa largeur d’esprit théologique dans le domaine de l’Ordo, il fut celui - le seul à ma connaissance parmi les chefs de chœur de sa génération - qui sut rétablir le chant des neuf ‘Cantiques Bibliques’, vénérables et jusqu’aujourd’hui oubliés, un cantique aux matines des dimanches à tour de rôle, dans l’ensemble des canons. Ces cantiques portent en effet l’expression forte et théologique de la présence providentielle du Dieu volontaire et Ami de l’homme au milieu de l’histoire mouvementée du Peuple Élu dans l’Ancien Testament. Cette qualité de présence est évidemment aussi réelle dans l’Église du Nouveau Testament.

Nicolas Lossky imprima aussi sa manière particulière de prononcer la parole chantée en français qui ne relevait ni du parler quotidien, ni de l’expression déclamatoire outrancière, mais bien du français liturgiquement - nous devrions dire - bibliquement prononcé. Dans le domaine des publications, nous noterons son ‘Essai sur une Théologie de la Musique Liturgique, perspective orthodoxe’ (Cerf 2003) où il souligne l’équivalence théologique de l’Icône et du Chant d’Église, basée sur une analyse des textes du VIIe Concile œcuménique de 787. Il termine son livre par une proposition sur le silence, dont la force liturgique ressort de la Parole qui vient d’être prononcée ; de cette Parole découle un silence débordant de Sens et d’Esprit. Que son âme soit accueillie parmi les Saints !

Le chant d’Église au Concile de 1917

Nous continuons notre analyse du Projet sur la musique d’Église formulé par la Commission compétente du Concile. Son deuxième volet porte sur la polyphonie, l’harmonisation du chant. Pour clarifier le sujet remettons-le dans son contexte. Le Concile de 1917 a formulé quatre directives à notre intention concernant le Chant d’Eglise :

1) la base musicale de la prière ecclésiale est la tradition des mélodies à l’unisson, le « Obikhod » ou « Chant usuel » ; nous en avons parlé dans la livraison d’octobre 2017;
2) l’harmonisation de ces chants à plusieurs voix, la polyphonie, doit incarner la prière; nous en parlons aujourd’hui;
3) le chant de l’Assemblée est bienvenu, il sera traité dans la livraison d’avril 2018;
4) les instances d’accompagnement des paroisses sont à construire.

Notre situation en Francophonie

Le répertoire harmonisé de la francophonie est fondamentalement une image du chant de l’Institut Saint Serge : les Huit tons usuels sont connus et exploités, avec certaines mélodies traditionnelles en dehors de l’Octoèque, et un nombre réduit d’œuvres signées par des compositeurs. Notons que deux des publications utiles réalisées en émigration n’ont eu qu’un impact modeste sur la pratique liturgique en français : le ‘Compagnon du Psalmodiste’ (Novgorod 1914, et réédité aux USA, et en Russie par nos soins, unisson), et l’Anthologie de Londres (Divine Liturgie 1963, Vigile 1975, polyphonie). Par contre, une source majeure pour des pièces contemporaines harmonisées fut l’œuvre de Maxime Kovalevsky, dont on a néanmoins peu connu les harmonisations en Slavon, et dont on a utilisé certaines partitions de français (dont le Kyriale). C’est aussi dire que la paroisse que servait Kovalevsky dans la première moitié de sa vie, Notre-Dame-des-Affligés dans le quartier Latin à Paris, reste aujourd’hui un témoin lumineux de l’héritage du maître. Après Michel Zimine, le regretté père Nicolas Lossky en fut son principal continuateur.

Personne ne doute que la tradition de Saint Serge doit être reconnue comme amplement cohérente avec le Projet du Concile de 1917, quoique une étude approfondie de ce sujet est encore à faire. Par voie de conséquence, il faut aussi dire que la francophonie le serait également. Il faudrait aussi un jour examiner les fruits que ‘Saint Serge’ a portés dans les autres langues de l’Orthodoxie Occidentale. En ce qui concerne la liturgie chantée en langue anglaise dans l’Église orthodoxe au Royaume Uni, nous avons personnellement contribué à traduire dans la langue liturgique du pays pas moins de la moitié du répertoire musical slavon de la cathédrale de Sourozh. Le présent site Web s’efforce précisément à combler ici en France certaines lacunes complémentaires en présentant des harmonisations françaises de partitions russes, aussi bien que des pièces originales. Ceci apparait comme un moyen organique, à l’image des Huit Tons, de transférer la tradition à un milieu linguistique nouveau - le français. Il reste à souhaiter que la vigueur des effectifs chantants en présence et la qualité de l’exécution du chant, iront s’améliorant.

Si au départ, notre cohérence ici en France avec le Concile au niveau du chant à l’unisson semble acquise, il n’en est pas de même dans le domaine du chant harmonisé. Notre répertoire harmonisé reste très restreint. Posons la question de fond : quel but communautaire revient à la polyphonie ? Rassembler les gens, diversifier les individualités en départageant les voix, réunir les tendances et organiser l’ensemble, inclure chacun, chanter la parole et la beauté de Dieu et la vertu de l’être humain, harmoniser. Le sacré et le profane ici se confondent comme dans le Christ Dieu-homme, mais sans le vulgaire. Le chant d’Église n’est comparable à rien d’autre, disait Alexandre Kastalsky. C’est - parler de son excellence et son extraordinaire beauté, pour qui sait le chanter, « en Esprit et Vérité ».

On n’est pas obligé d’être grand musicien pour accéder à cette Vérité. Les formes du Chant que propose la Tradition sont suffisantes aux formations de chanteurs les plus modestes, pour commencer à s’approprier les premiers accents authentiques de la prière d’Église. Ce sont le Chant à l’unisson, et celui que nous avons appelé ‘l’unisson épais’ - une partition rudimentaire harmonisée à 2, à 3, ou à 4 voix. Voir dans la présente livraison : les Billets N°20 (l’Unisson épais), N°21 (‘Bienheureux l’homme’ - musique), et N°22 (‘Bienheureux l’homme’ - théologie), qui sont comme une matière concrète d’introduction à une répétition de chant choral. Nous viendrons à discuter de pièces graduellement plus savantes dans le futur.

Sur le plan pratique, il est évident que l’une des lacunes de notre temps est le manque fréquent de chanteurs compétents dans les paroisses, voire de chefs de chœur expérimentés. Nombreux sont les responsables qui s’en lamentent. Notre position est claire : il nous manque les moyens de formation individuelle élémentaire, il nous manque des centres d’excellence pour le perfectionnement, il nous manque la recherche dans le domaine de l’histoire du chant et de la liturgie. Ceci relève du 4e volet des décisions du Concile de 1917 : l’accompagnement des paroisses.

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